Pourquoi ne vous sentez-vous pas vraiment chez vous ?

La notion de se sentir « chez soi »

 

Nous sommes nombreux à aspirer à nous sentir bien chez nous.

Mais que signifie réellement « se sentir chez soi » ?

Est-ce simplement aimer sa maison ? Posséder un logement ? Avoir une décoration qui nous plaît ?

Mon expérience me montre que cette sensation va bien au-delà.

Le sentiment d'être chez soi naît d'une rencontre subtile entre notre histoire personnelle, notre état intérieur et le lieu que nous habitons. Il est influencé à la fois par les événements de notre vie, par la manière dont nous nous autorisons à prendre notre place, mais aussi par la structure du lieu, son aménagement, les objets qui nous entourent et les mémoires qu'il porte encore.

 

Parfois, une personne habite une maison depuis plusieurs années sans jamais parvenir à s'y sentir pleinement chez elle.

 

C'est ce que j'ai exploré récemment avec Raphaëlle.

 

Quand la maison ne raconte plus notre histoire

 

Suite à une séparation qu'elle n'avait pas choisie, Raphaëlle s'est retrouvée seule dans la maison familiale avec ses trois enfants.

Cette maison appartenait autrefois aux parents de son mari. Le couple l'avait rachetée, rénovée puis habitée pendant plusieurs années.

Lorsque son mari est parti, elle est restée avec les enfants.

Au-delà du bouleversement émotionnel, une profonde insécurité s'est installée. Elle ne savait pas encore combien de temps elle pourrait conserver la maison. Elle se sentait bloquée, incapable d'avancer dans certains choix ou d'investir véritablement les lieux.

Elle me disait :

« Je vis ici, mais je ne me sens pas vraiment chez moi. »

 

Ce que la maison révélait

En visitant le lieu, un constat est rapidement apparu.

La maison racontait encore une histoire qui n'était plus celle du présent.

Le nom de son mari figurait toujours sur la sonnette.

De nombreux objets évoquaient encore l'ancienne vie du couple.

Certains meubles, décorations ou objets hérités de la belle-famille occupaient toujours l'espace alors qu'ils ne correspondaient plus à ses goûts ni à son identité.

Plus particulièrement, la chambre à coucher portait encore l'empreinte émotionnelle de la séparation. Une forme de choc semblait être restée inscrite dans l'espace.

Tout cela contribuait inconsciemment à maintenir Raphaëlle dans une posture où elle n'avait pas encore pleinement pris sa place.

 

Pourquoi ne se sent-on parfois pas chez soi ?

 

Se sentir chez soi ne dépend pas uniquement des murs qui nous entourent.

Cette sensation repose souvent sur trois besoins fondamentaux :

 

Se sentir en sécurité

Lorsque nous traversons une période d'incertitude, de deuil, de séparation ou de changement, notre sentiment de sécurité peut être fragilisé.

Même si la maison est la même, notre rapport au lieu change.

 

Se sentir légitime d'occuper sa place

Parfois, une maison continue de raconter l'histoire d'autres personnes : anciens propriétaires, anciens partenaires, membres de la famille ou souvenirs du passé.

Tant que nous n'avons pas trouvé notre juste place, le lieu peut sembler étranger.

 

Pouvoir se reconnaître dans son environnement

Les couleurs, les objets, les matières, les images et l'organisation de l'espace participent à la construction de notre sentiment d'appartenance.

Lorsque notre environnement reflète qui nous sommes aujourd'hui, il devient un véritable soutien.

 

Le travail de transformation

Notre accompagnement ne s'est pas limité à réaménager la maison.

Il s'est agi d'un véritable travail de passage.

Nous avons commencé par identifier ce qui appartenait au passé et ce qui pouvait être conservé.

Un tri conscient a été réalisé.

Certains objets ont été déplacés, d'autres donnés ou transmis.

Des rituels symboliques ont permis de marquer la fin d'un cycle et d'ouvrir un nouvel espace pour l'avenir.

Nous avons également travaillé sur le nettoyage énergétique du lieu ainsi que sur différents exercices concrets entre les séances afin d'aider Raphaëlle à clarifier ses besoins, à poser ses limites et à retrouver sa capacité d'action.

Peu à peu, elle a commencé à personnaliser les espaces, à faire de nouveaux choix, à modifier certains aménagements et à reprendre confiance dans sa capacité à construire la suite de sa vie.

 

Habiter pleinement sa vie

Au fil du processus, la maison est devenue le reflet d'une nouvelle étape.

Raphaëlle a pu avancer dans les démarches liées à son divorce, prendre davantage sa place dans son quotidien et créer un environnement plus sécurisant pour elle et ses enfants.

Mais la transformation la plus importante n'était pas visible dans les murs.

Elle s'est produite à l'intérieur.

Car, bien souvent, se sentir chez soi commence par se sentir pleinement chez soi en soi-même.

L'habitat devient alors un allié précieux : un espace qui soutient notre stabilité, notre identité et notre capacité à avancer.

 

Et vous ?

Vous sentez-vous pleinement chez vous dans votre lieu de vie ?
Ou existe-t-il encore des espaces qui racontent une histoire que vous êtes prêt à transformer ?

 

Lumière dans vos habitats,

 

Catherine

 

 

 

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